Catherine DHOMPS
peintre naïf et tauromachique
FERIA


Ces tableaux poussaient leur corne en moi depuis longtemps.
Je les imaginais comme des petits théâtres qui montreraient, de manière ludique, le grand jeu de la corrida. Ce qui m’attirait, ce n’était pas essentiellement le drame du sang et de la mort, mais le spectacle avec tous ses à-côtés, la Feria, la fantaisie, les spectateurs curieux, les petites scènes marginales mais révélatrices de l’humain, les couleurs inattendues, les possibilités de rêves…

L’ardente complexité de la planète tauromachique me fascine et m’enchante. Elle permet le mélange extraordinaire du combat central, tragique, mythique, solitaire vers quoi convergent les acteurs avec les histoires pléthoriques, sans liens apparents, étrangères au drame qui se joue, véhiculées par chacun de ces mêmes acteurs-spectateurs.

Comme, pour moi, la peinture est un jeu des regards croisés, la corrida me semble redoubler ce jeu. Elle croise les croisements de regards. Elle est une magie qui donne presque miraculeusement des désirs de vivre et donc de créer.

Catherine DHOMPS

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04/01/06